Jean-Marie Le Pen va t-il achever en une interview les espérances présidentielles de sa fille ? Son interview choc dans Rivarol Jeudi 9 Avril

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications

Gilbert COLLARD, Florian PHILIPPOT, Nicolas BAY et… Marine LE PEN ont-ils ouvert sans le vouloir la Boîte de Pandore du Front National en condamnant les derniers propos de Jean-Marie LE PEN ? Le « Menhir » gronde et il risque de résonner très longtemps dans les mémoires jusqu’en 2017… et peut-être après.

C’est en fin d’après-midi que Dominique Albertini, journaliste à Libération a évoqué l’existence d’une interview de Jean-Marie LE PEN à paraître Jeudi 9 Avril 2015 dans l’hebdomadaire d’Extrême Droite « Rivarol », existence confirmée par la suite par Tristan QUINAULT MAUPOIL, journaliste politique au Figaro. 

Captures d'écran des tweets annonçant l'interview

Une interview dont « seuls son majordome et sa femme étaient au courant » selon Jérôme BOUBON, de Rivarol, interrogé par le Figaro. Une interview réalisée en deux temps, la première partie entre les deux tours des Départementales et l’autre après la polémique de la récidive sur « le détail » à l’antenne de Jean-Jacques BOURDIN sur RMC et BFM TV. Le propre Directeur de Cabinet du fondateur du FN ainsi que le Service Presse du parti n’étaient pas au courant, service qui a aussitôt déploré auprès du Figaro à l’annonce de cette interview intitulée « on n’est trahi que par les siens » : « il fait ça en cachette maintenant ». 

L'interview existe bel et bien. Capture d'écran twitter

Selon Libération, l’interview a été réalisée à Montretout par Robert SPIELER, ancien député FN qui a depuis quitté le parti et qui se consacre désormais à Rivarol, à la revue historique d’Extrême Droite « Synthèse Nationale » mais qui est aussi le Délégué Général de la NDP, la Nouvelle Droite Populaire (à ne pas confondre avec La Droite Populaire, mouvement de Thierry MARIANI à l’UMP), un parti deux à trois plus à Droite que le FN à l’heure actuelle, et qui est aussi le parti le plus à Droite de l’UDN, Union de la Droite Nationale, aux côtés du Parti de la France de Carl LANG, ancien Secrétaire Général du FN et du MNR, Mouvement National Républicain, anciennement présidé par… Bruno MEGRET, ancien dauphin de Jean-Marie LE PEN et « Brutus pour toujours » selon l’interessé, malgré les retrouvailles (glaciales) de la Présidentielle de 2007. 

Capture d'écran twitter des morceaux choisis de l'interview

L’Eurodéputé aurait donc donné son accord à SPIELER pour la retranscription de l’interview ce Mardi 7 Avril 2015 au matin.

De quoi parle cette interview ?

De punchlines et dérapages lepenistes dans la « plus grande tradition ». Un petit compte rendu a été posté par Gemain TREILLE sur twitter. Voici les principaux points de friction :

1 : A propos de sa récidive du « détail » et des réactions des ténors du FN :

« On n’est jamais trahi que par les siens (…) Je ne suis pas homme à changer d’avis ni à ramper. J’ai cessé de marcher à quatre pattes depuis l’âge de 18 mois. Je ne suis pas l’homo à plat ventrus (…) si l’on ne veut pas prendre de coups, mieux vaut rester ou rentrer chez soi, c’est plus sage. »

2 : Sur sa candidature aux Régionales :

« Je suis candidat tête de liste pour mettre à la porte les socialo-communistes (…) Je suis candidat à la Présidence de la Région Paca par la logique des choses. »

3 : Sur le Maréchal Pétain :

« Je n’ai jamais considéré le Maréchal Pétain comme un traître (…) On a été très sévère avec (Pétain) à la libération. »

4 : Sur l’influence de Florian Philippot au sein du FN :

« Je crois que l’origine politique de certains actuels dirigeants du Front a plus d’importance que leur comportement personnel (…) Jean-Pierre Chevènement (…) il a les apparences d’un patriote alors qu’il est au fond un marxiste. »

5 : Sur sa perception des homosexuels au FN :

« Il y a en effet un assez grand nombre d’homosexuels au Front National (…) ils ont tendance à se regrouper, même s’ils se détestent les uns les autres. Ils forment une communauté. »

6 : Sur « les immigrés qui nous gouvernent » :

« Nous sommes gouvernés par des immigrés et des enfants d’immigrés à tous les niveaux (…) Valls est Français depuis trente ans, moi je suis Français depuis 1000 ans. Quel est l’attachement réel de Valls à la France ? Cet immigré a t-il changé du tout au tout ? Qu’a t-il apporté à notre pays ? »

(On se souvient de la chute brutale du FN à la Présidentielle de 2007 après les propos de Jean-Marie LE PEN sur les origines hongroises de Nicolas SARKOZY, déclenchant indignation et incompréhension notamment dans la fédération FN des Alpes Maritimes, comptant des descendants d’Italiens et d’Espagnols.)

7 : Sur sa vision de la République et de la Démocratie :

« Ils commencent à me gonfler tous avec la République (…) Je comprends tout à fait qu’on mette en cause la Démocratie, qu’on la combatte. »

8 : Sur son soutien à Anne-Sophie Leclère, candidate FN condamnée pour le partage d’un montage raciste contre Christiane Taubira :

« Je n’ai jamais retiré mon estime à Madame Leclère, scandaleusement condamnée à neuf mois de prison ferme. »

9 : Sur la survie de l’Europe des Occidentaux :

« Nous devons impérativement nous entendre avec la Russie pour sauver l’Europe boréale et le monde blanc. »

Et enfin, 10 : Sur la retraite à 60 ans proposée par le FN :

« J’ai essayé d’expliquer à Marine LE PEN et à ses conseillers que c’était une erreur (…) En Politique on ne doit jamais sombrer dans la facilité ni faire de la démagogie. » 

L'accroche choc de Rivarol pour l'interview de Jean-Marie LE PEN

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